dimanche, juillet 09, 2006

屋簷下過於寫實的記憶流 (Over-realistic memories stream under the roof)


Copyright reserved, Lin Hao-Pu

於四年前來到巴黎,林浩溥畢業於台南藝術學院音像動畫研究所,並曾以動畫《末日世界》獲得台北電影節最佳動畫片及《阿公要出山》獲得金穗獎優等動畫短片。在去年,林浩溥獲得文建會提名,成為巴黎國際藝術村的駐村藝術家之一。在這為期一年的駐村期間,林浩溥從自己熟悉的影像媒材出發,以異鄉人的眼光,透過藝術村中臨時住所的窗櫺,看著窗外來來往往的路人,天空中時而飄過的雲彩,有耐心一點一滴地用攝影機記錄下這段獨居的生活,並計畫將這些片段組成一部由七段單格影片所構成的實驗短片。在今年七月初,駐村活動即將結束之際,林浩溥決定先透過四個螢幕(兩個投影與兩台電視機)的展出模式,部份展出這件尚未完成的作品片段,名為《屋簷下的片段記憶》(Quelques mémoires sous le toit)。

展中主要投影銀幕中呈現出的是透過高速快轉所讀取的戶外拍攝影片《Sous les toits》,看得出來是藝術家在駐村期間遊走於美麗花都中所慢慢累積的鏡頭。巴黎古道小徑與雲彩快速變化的單格畫面透過俯瞰以及仰望的畫面,散發出具詩意,卻也具距離感的影像觸感。「距離感」的意思在於藝術家並不試圖賦予影像任何敘述性,我們只有在不經意瞥見快速移動的路人與雲彩時才猛然意識到現實世界與攝影鏡頭的存在,意會到機械性錄製手法中的客觀眼光。而擺在地板上的兩個電視螢幕,一個呈現出幾個知名景點的影像片段《Il n’y a personne》,但群集的觀光客都被藝術家用馬賽克的方式掩蓋起來,造成一種部份失焦的影像效果,實驗造形意味相當強烈。而另一個螢幕則呈現出藝術家乘坐巴黎市區觀光遊覽車《Open Tour》時所拍攝下的影像,這次我們觀看的視角又不同了,不再是俯瞰或仰望,也不是站立時的正常視角,而是距地面約三尺高,位於雙層巴士上方的那種目光,巴黎市區在這樣的角度下又呈現出另一種不同的風貌。而最後一個投影螢幕所呈現的則是一個個假模特兒的特寫鏡頭《Portraits dans la rue》,透過不同的角度,這些僵化的臉孔傳達出一種冰冷感,這或許正是藝術家這段旅法經驗中所深深感受到的陌生與孤寂,一如Margarita SAAD在展覽介紹中所言:「藝術家身為這個城市中的外國人…他畏懼出門與人接觸…(他拍攝)模特兒而非真人的肖像,或許正來自對於他者的恐懼?」的確,在林浩溥的錄像作品中,觀者只能看到一個個空蕩蕩的街道與天際,人是不存在的,而時間也因為加速過度而失真,只剩下孤零零獨自空轉的機器,反覆播放著過於寫實的記憶流。

lundi, juillet 03, 2006

遇見藝術界的煉丹師 – 黃永砯(Huang Yong Ping)


Huang Yong Ping, Walking up language, 2006
Ceramique
Credits : Centre international d'art et du paysage de l'ile de Vassiviere, Photo: Andre Morin

行萬里路見萬神殿
名言說「讀萬卷書不如行萬里路」,對於喜愛當代藝術的我們,要看黃永砯於瓦西維埃島當代藝術與景觀中心所推出的《萬神殿》個展,這句話可真是在貼切也不過了。瓦西維埃島Vassiviere Island是位於法國中部利穆桑Limousin省中一個不容易接近,從巴黎出發需要六個小時的時間才可到達的優美湖畔邊。然而其地理位置的偏遠,其實與中國深山廟宇般的祥和寧靜有著異曲同工之妙。而有趣的是,在這容易令人忽略的山林中存在著一個由建築師Aldo Rossi與Xavier Fabre共同設計,由一個圓錐塔與長條形建築所構成的當代藝術中心,外圍並環繞著一個饒富趣味的戶外雕塑公園,整體散發著與世隔絕般的神聖與飄渺感。

旅法華裔藝術家黃永砯今日在法國藝壇上的地位其實已無可爭議,他於1989年受《Magiciens de la Terre》一展之邀來到巴黎展出,並自那時起選擇旅居法國至今長達15年以上,今日享譽國際的他不僅名列當代藝術史上重要的藝術家之一,其華人的背景更使他成為是研究亞洲當代藝術發展的學者絕對不可忽略的重要參考資料。而這樣的成就從本刊至今報導過的「羅浮宮傳藝新象展」、「法國當代藝術三年展」與「萬神殿個展」…等一系列馬不停蹄的展出活動就可確立,更印證了該藝術家今日舉足輕重的地位。

黃永砯擅長應用異國(中國)意象來創作,並進而引發與西方觀念上的衝突,他於瓦西維埃島當代藝術與景觀中心推出一系列擷取自中國宗教元素所創作出的作品,除了完美地融合了該地特殊的建築特色之外,從另一個角度來看,其實也精妙地呼應著地理上這遠林中有如西方群神聚集的所在:奧林匹斯山上的《萬神殿》。首先針對該中心的圓塔,藝術家加倍放大西藏密僧的銅杖,設計了一個重達600公斤,豎立圓塔中心的巨大轉輪神器《Ehi ehi sina sina》,當銅製神器轉動時則發出頌經般的低沉樂聲,立刻令人感受到靜修的氛圍。在進入中心穿越廊廳之後,首當其衝的則是兩隻單腳獨立的「牛頭龍首」守護神獸《Walking up language》,嘴含神卷般地觀視著位於另一端的齋院。受著靈獸的保護,這間齋院看似就有如名符其實的佛教殿堂《Chuan Luntsang》。如果佛說「養身之道在於動,養心之道在於靜」,瓦西維埃島上明亮的光線穿過藝術家裝設在窗櫺上的佛神雕像,在這空間中創造出明暗對比的趣味,或許也正隱喻著心靈動靜間的曖昧。而該中心最後的兩間展室:靜修室與小劇場,它們在藝術家的想像下儼然成為遠行「朝聖」之後的使命達成。藝術家在前者的空間中擺著一個尚未完成的佛雕靈木《Bois de Guanyin》,忽隱若現的佛祖面孔闡述著傳藝工匠雕佛過程中的信念,而小劇場中一隻隻密宗中象徵著「眾鳥之王」,如栩如生的禿鷹則叼起延伸自彌勒肚臍眼中,貫穿展室的絲路《Intestins de Bouddha》,呼應著中心外川流不息的湖水,構成東西交錯的河口,訴說著遠古的宗教傳奇。從這樣的觀點來看,《萬神殿》一展或許也隱射著藝術家一生中所感受到的東西文化之相遇與交融,以及他長久以來對宗教哲理從未停止的自省與靜思。


Huang Yong Ping, Intestins de Bouddha, 2006
Bois, soie, vautours naturalisés
Credits : Centre international d'art et du paysage de l'ile de Vassiviere, Photo: Andre Morin

遇見藝術界的煉丹師
人稱「藝術界的煉丹師」,黃永砯沈浸在文化對比懸殊的歐美環境下,相對其早期「廈門達達」的反動作品,他旅法後的作品反而更具有東方文化特色,藝術家更不諱言地發表其受中國傳統如《易經》、宗教哲理甚或中國古典醫學…等思維的影響,並以這些素材與研究作為藝術創作的基礎。而事實上,這樣的模式其實也忠實地映照出中國人長久以來立基在佛教與道教思想上的人生哲學。

但從歐美觀眾的觀點來看,黃永砯的藝術創作或許是令人畏懼的,這句話出自去年(2005)於美國沃克藝術中心(Walker Art Center)所推出,目前正巡迴到美國麻州當代美術館(Mass MOCA),《占卜師之家 – 黃永砯創作回顧展House of Oracles》一展之策展人Philippe Vergne的策展論述《Why am I Afraid of Huang Yong Ping? 》。這樣奇特的標題,充滿迷信色彩的宣言也提供本刊這次特別專訪黃永砯的藉口,除了希望能夠進一步了解該藝術家在創作形式上的轉變之外,白話來說也是希望能夠一窺他葫蘆中所賣的藥。

差異、衝擊與對立
Ecran Voile:你十幾年來透過《易經》,中國神話動物,宗教意涵的隱喻所創作出的作品,本身除了與歐洲觀者之間有著一定的距離之外,甚至對於具有亞洲文化背景的我們也不盡然可以很容易理解其中所影射的現象與事物。

黃永砯:的確,單舉《易經》為例,很多人也只是知道但不甚一解,尤其是新世代的年輕人。但這並不意味著觀者對於作品的理解度完全不是藝術家的責任。相對的,我想如果一件藝術作品無法被觀者所理解,作品本身是失敗的。然而,觀者是多類的、多層次的,所以會有不同程度的理解層面。身為藝術家,我並不需要替觀眾著想,甚至為觀眾出言,我寧願選擇不多贅言的態度,讓觀眾自己去用眼、用心體會,一如杜象所言,至今或許還是有效的:「藝術品是基於觀者的眼光而存在。」

EV:提到杜象,我想到「廈門達達」的那段時期,那時的你們透過激進的手段希望從社會面、政治面與藝術面來促成中國藝壇的轉變,但是這也不可避免地透露出歐美西洋藝術發展對於它類(其他國家)藝術活動的影響。

黃:藝術家必定會受到其他的藝術家、藝術流派所影響,但是我想所謂藝術家與學生之間的差別就在於前者能夠將所受到的影響隱藏的很好,將之轉變成創作的靈感泉源,而後者就只是將其外露罷了。




Huang Yong Ping, House of Oracles
Copyrights:Walker Art Center, USA


EV:《Theater of the World》(世界劇場)創作於1993年,作品中將活生生的昆蟲與爬蟲類動物放在一起直接展示出來,象徵著生物界食物鏈的原始狀態。然而這件作品該年在龐畢度中心《Hors Limites》展出之際遭到了自然保護協會的阻撓,再加上執法單位的介入,不得不將動物移除,只展出了本來關動物的框框。而於2001年所創作的《Bat Project 1》與此一事件有著同樣的命運,這兩次禁展事件背後所涉及的創作與言論自由其實不單單只侷限在藝術的層面之內,也擴及到社會與政治的層面。

黃:類似在龐畢度中心與深圳所發生的禁展事件已經發生過很多次了,尤其是我早期參與「廈門達達」的時候。這其中當然有所謂創作自由的問題,但是換個角度來看,我認為自由本身本來就有其限度,界線其實到處都有,無所不在的,不論是社會性、政治性或者藝術性。但是此一挶限性也是壓力的來源,而我相信壓力是必要的,它也是「超越自我」的動力,而就藝術創造來說,它不但不可或缺,更是一種通則。

中立、平衡與未來
EV:禁展事件本身也可說是凸顯了政府機構或社會對於藝術無形上所設立的框架,然而,在當今文化產業高度發展之下,各國雙年展林立的現狀之中,身為藝術家或許也必須做出調整與改變,然而還必須在多重複雜的關係之中達到自我的平衡。

黃:其實藝術家的地位在上述錯綜複雜的關係中是比較中立的,我所發現到比較明顯的改變是當代展覽的策劃與籌備時間都過於減縮,一切都以迅速和高效率的工作模式來操作,這是非常可惜的事,尤其對於觀展的大眾而言。雖然其中的問題要分析起來也是相當的複雜,並涉及很多其他行政方面如經費、檔期、政策…等問題,然而身為藝術家,我提出的計畫基本上並沒有太多商量的餘地,但我至今也從來沒有遇過任何阻力,這是雙方互信的問題。而一旦計畫雙方都接受之後,我的責任就是盡力完美地將作品好好的完成並呈現出來罷了。

EV:在今日大陸藝壇高度發展的現狀下,身在中國的藝術家接收國際的資訊與在國際上發言的機率都比早期還要容易,而他們在西方的藝壇上甚至形成一股重要的潮流,這樣的變化對於亞洲藝壇也相對帶來不小的衝擊。

黃:我認為現在下任何結論都還過早,可是對於經歷過文革的上一輩藝術家來看,不論就藝術創作的多元性與自由度觀點來看,這整體上的轉變仍是相當正面,並對中國當代藝術的發展與啟發有一定層面的影響。



Huang Yong Ping, Theater of the World-Bridge
Copyrights:Walker Art Center, USA



對立邊界中的逃逸路線ligne de fuite
黃永砯的創作通常凸顯出「差異」與「衝突」的意念,一如《世界劇場》與《蝙蝠計劃》這兩件作品。而基於中國陰陽思考模式,換個角度來看,這兩種定義卻也是維持平衡不可或缺的另一條件。可是這樣的二元性則因為前所未料的禁展事件而有了另一重要的面向,即當藝術家的創作自由成為社會與政治手段下犧牲的籌碼,這樣的壓迫反過來也質疑著今日既存道德價值的永續性,以及我們對於規範與制度的服從慣性。在黃永砯的作品中,不定性的「偶然因子chance」常是引發觀者自我反省的外來因素,一如藝術家所參考的《易經》脈絡,它也像是德勒茲所言的第三條路徑,在對立的邊界,衝突與平衡之間演譯出另一種選擇,指向域外與它處的另一條逃逸路線(ligne de fuite),體現出世界本質上的流變不息。

Artbar
《萬神殿個展Pantheon》
瓦西維埃島國際藝術與景觀中心Centre international d’art et du paysage
地址:Ile de Vassiviere, 87120, France
展期:04/06 – 24/09/2006

《占卜師之家 – 黃永砯創作回顧展House of Oracles》
美國麻州當代美術館(Mass MOCA)
地址:1040 , MASS MoCA Way, North Adams, MA 01247, USA
展期:18/03/2006 – 02/2007

vendredi, juin 23, 2006

Une acquisition partagée : Bill Viola, Five Angels for the Millenium, 2001

Derrière la collection (nouvelle version française)
L’auteur tient à remercier la conservatrice en chef Christine Van Assche et l’attachée de collection Sylvie Douala-Bell du Service Nouveaux Médias du Centre Georges Pompidou / MNAM, pour leurs soutiens et conseils précieux.


Description de l’œuvre :

Cinq écrans d'un mètre et demi de largeur et trois mètres neuf de longueur chacun, deux écrans d'un côté et trois écrans de l'autre, sont présentés dans un espace rectangulaire[1]; chaque écran est dominé par un monochrome spécifique et le reflet provenant de ces surfaces paisibles nous donne un premier indice sur les conditions de filmage - ce sont des images filmées sous l'eau semblables à la fois à la surface d’un miroir réfléchissant, à une vague agitée provoquant un ronronnement sonore, à un horizon inversé de haut en bas donnant un sentiment de désorientation ou, comme la dernière image couverte d’étoiles lumineuses, à une représentation imaginaire du cosmos. On distingue d’abord difficilement le mouvement de l’image qui se trouve dans chaque écran et sa signification. En accompagnement de ces images géantes, nous entendons le chant d’insectes inconnus et le ronronnement de vagues qui nous laissent à deviner un tournage en extérieur. Alors que nous sommes encore perdus dans un état primaire de la vision, encore dans un état incertain concernant la compréhension de ce qui est montré, en même temps que nous sommes déjà séduit, un homme apparaît soudain sur le premier écran et s'élève lentement du bas ver le haut, dans une position inversée, entouré d’étoiles (bulles d'air). Un son grave et mystérieux s’amplifie progressivement, se rapproche, de plus en plus fort jusqu'à un événement inattendu, comme un coup de tonnerre traversant le ciel ou comme une grosse pluie imprévisible et soudaine : l'homme en question perce maintenant la surface paisible de l'eau et provoque un éclaboussement sur le fond d'un bleu foncé. Cependant, la surprise se change en compréhension aussi soudaine que le surgissement ; nous comprenons immédiatement ce qui se passe sur ce premier mouvement. Cette séquence montre un homme sautant dans l'eau mais qui, en raison d’un montage complexe de l'enregistrement et d’une inversion de la lecture, semble suivre au contraire un mouvement d'ascension exprimant un sentiment sublime et spirituel qui fait écho au sous-titre de ce premier film Departing Angel. Puis, les mouvements des autres images succèdent au premier qui semble les déclencher selon une réaction en chaîne, une relation de causalité, un décalage de temps préprogrammé. Le démarrage de chaque image suit à quelques minutes d’intervalle afin de constituer une expérience visuelle d’enchaînement jusqu'au dernier écran qui, en retour, va précéder le recommencement du même mécanisme et fermer la boucle de l’ensemble du mouvement. Il est important de mentionner que le dernier film du cinquième écran ne représente plus un point de vue horizontal mais une vue en plongée verticale de la caméra qui, au moment de la fin du cycle, va nous ramener au calme initial du début. Et puis, doucement et discontinûment, le cycle se remet en marche et s’enchaîne sans relâche selon le même rythme et la même temporalité décalée, métaphore du cycle immuable de la vie.



Historique de l’acquisition de l’œuvre :

Réalisée en 2001, Five Angels for the Millennium fait partie des nombreuses installations de grande échelle de l’artiste américain Bill Viola. Le professeur du département d’arts nouveaux médias de l’Université de Londres, Chris Townsend, dans le préambule de l’ouvrage The Art of Bill Viola[2], mentionne que quand l’œuvre a été présentée à Anthony d’Offray Gallery en 2001 pour la première fois, l’exposition a attiré presque quarante milles visiteurs selon l’estimation d’un ancien employé de la galerie, Anthony d’Offray qui a par ailleurs déclaré : « Je ne devrais pas faire cela, c’est le travail de la Tate.[3] » Cette petite phrase anodine, en dehors de la complexité technique inhérente à l’œuvre, nous donne une première indication des difficultés rencontrées. En effet, si la haute technologie mise en place qui, selon le professeur Rhys Davies cité dans le même ouvrage, atteint une supériorité technique équivalente à celle employée dans le film Attack of The Clones de Georges Lucas, technologie appelée Vidéo Digitale de Haute Définition (Hi Definition Digital Video)[4], on pourrait douter, eu égard à la réputation internationale actuelle de l’artiste qu’un tel aspect technique aurait une quelconque influence sur la volonté des musées du monde entier d’exposer ou de collectionner les œuvres de cet artiste. Mais plus que cette technologie nouvelle et innovante, c’est sans doute les difficultés de partager les droits de possession et de diffusion entre différentes institutions nationales ou internationales distinctes qui semblent avoir posé problème. Dans l’histoire de l’art, pour la première fois, une œuvre contemporaine impressionnante et imposante, aussi bien dans sa forme que dans son contenu, a été acquise conjointement en 2002 par trois musées d’art moderne et contemporains majeurs du monde : Tate Moderne (Tate) de Londres, Whitney Museum of American Art de New York (Whitney) et Centre Georges Pompidou / Musée National d’Art Moderne (Centre Pompidou) de Paris, après plus d’un an de discussion et de négociation.[5] Par ailleurs, un tel processus de co-acquisition organisé par les trois musées nécessite non seulement un contrat de co-acquisition mais aussi un contrat de co-copropriété afin de bien distinguer les droits et des devoirs de chaque partie concernée pour pouvoir anticiper tout éventuel conflit à venir.

Analyses et conséquences de la co-acquisition :

Annoncée en octobre 2002 par le Whitney, l’acquisition est ainsi commentée par l’ancien directeur du musée Maxwell L. Anderson dans le communiqué de presse : « […] l'accord nécessite de partager la propriété de l’œuvre et d'alterner sa présentation. On pense qu’il s’agit de la première co-acquisition internationale par trois musées majeurs d'une œuvre contemporaine de cette importance. […] L'accord signé entre le Whitney, la Tate et le Centre Pompidou gouverne, entre autres aspects, la propriété, la présentation, le transport, la manipulation et l’installation, l’assurance, la conservation, et les prêts de l’œuvre. L'accord lui-même est remarquable pour avoir résolu des questions concernant trois pays, trois établissements majeurs - chacun avec leurs propres missions et directives - et deux systèmes légaux, l’un basé sur la Common Law (aux Etats-Unis et en Grand Bretagne) et l’autre sur la loi du Code Civil (en France).[6] »

- L’aspect juridique et contractuel :

• La propriété et la vente ou le transfert de propriété de l’œuvre

Five Angels for the Millennium est une œuvre éditée en trois exemplaires avec deux épreuves d’artiste comme la loi l’exige. Cependant, l’objet de notre étude devrait être considéré comme une édition à part entière si nous nous référons à la loi sur le droit d’auteur. Les droits patrimoniaux de l’œuvre acquise sont en réalité partagés par ces trois établissements, c’est-à-dire que chaque institution possède un tiers du droit patrimonial de l’œuvre en question. Mais selon l’Article 18 de la loi française du 31 décembre 1913 qui prévoit le principe d'imprescriptibilité pour les collections des Musées de France, ainsi que l'inaliénabilité des collections des ceux-ci, le principe d’œuvre d’art comme « trésor national » pour le Centre Pompidou ne s’applique pas pour la Tate et le Whitney qui ont la possibilité de vendre l’œuvre de leur propre collection à un tiers. Ici, il faut mentionner que les collections de la Tate sont bien propriété de la nation mais que leur gestion est confiée aux administrateurs bénévoles (trustees)[7]. Quant au Whitney, ses collections appartiennent au bureau de trustees ainsi que sa gestion. Dans une telle organisation muséale, le disposal (dépôt) et le deaccession (cession) sont considérés comme une pratique légale en terme de gestion de la collection. En fait, le problème d’une vente éventuelle de l’œuvre qui entraînerait un changement de copropriétaires se situe outre-atlantique. Face à une telle éventualité, il est important, pour la partie française, de prévoir dans le contrat de copropriété de l’œuvre la priorité de chaque partie en cas de vente éventuelle de droit tiers d’un de copropriétaire. L’Article 9 du contrat est consacré à ce sujet et précise que la vente et le transfert de l’intérêt tiers de l’œuvre à un autre tiers est possible, mais que la décision de cette vente devra être prise avec l’accord préalable des deux autres tiers. Par ailleurs, les deux autres parties ont la priorité d’acquérir, conjointement ou séparément, l’intérêt tiers en vente. Quant au transfert de l’intérêt tiers de l’œuvre vers un autre tiers par un des copropriétaires, il est possible pour le Centre Pompidou car selon l’article 3 de Circulaire n° 2004/014 « une personne publique peut transférer, à titre gratuit, la propriété de tout ou partie de ses collections à une autre personne publique si cette dernière s’engage à en maintenir l’affectation à un musée de France ». Cette éventualité importante est également signalée dans le contrat de copropriété afin d’être en cohérence avec la loi française.

• Le système légal et la loi juridique gouvernante


Néanmoins, même en essayant de respecter les spécificités de la loi de chaque pays où se trouvent les trois différentes institutions, un problème particulier existe concernant le droit applicable et la compétence juridictionnelle en cas de conflit entre les parties. Dans ce cas précis, une clause du contrat de co-acquisition s’impose au regard de la loi anglaise concernant le respect du lieu de la vente Anthony d’Offray Gallery en Angleterre. Cependant, pour harmoniser le contrat de co-copropriété avec le contrat d’acquisition, cette clause du second est également reprise dans le premier qui entraîne une situation privilégiée pour la Tate. En terme de compétence juridictionnelle, nous pouvons imaginer qu’il sera possible, en raison des multiples propriétaires de l’œuvre, de séparer du contrat le droit applicable au regard de la loi anglaise et, selon des pratiques courantes dans la profession, de ne pas mentionner cette clause et de laisser au tribunal liberté de trancher en cas de conflit après échec éventuel d’une conciliation amicale.


- L’aspect technique de la conservation et de la diffusion :

• La période de garde et le transport
Selon le souhait de l’artiste, l’acquisition de Five Angels for the Millennium couvre à la fois les cinq masters (bandes Bêta Digital SP) audiovisuels mais aussi les équipements nécessaires à la présentation de l’œuvre, ce qui n’est pas une pratique courante dans la profession. Cette exigence de l’artiste concernant les projecteurs, les lecteurs, les amplificateurs…etc. (voir annexe 1) fait partie intégrante de l’œuvre et oblige non seulement les institutions à prévoir les caisses spécifiques pour la conservation et le transport de celle-ci, mais aussi le coût de maintenance, de réparation, de remplacement éventuel de pièces techniques. Donc, Five Angels for the Millennium fonctionne en réalité comme un container mobile qui, selon la période de garde prévue dans le contrat de co-copropriété[8], circule d’un musée à l’autre comme une œuvre à part ne faisant pas partie d’une sous-collection spécifique ou de la collection globale de chaque musée et ne bénéficie pas d’un statut dit « collectif », comme une œuvre d’art d’allocation d’une durée déterminée. Un tel statut exige parallèlement une gestion administrative minutieuse, détaillée et spécifique auprès des agents habilités des institutions afin d’assurer une meilleure communication et compréhension entre les parties concernées et, surtout, une meilleure mobilité de l’œuvre.

- La conservation :

• L’assurance, la maintenance et la réparation
Au-delà des difficultés d’une telle gestion administrative minutieuse, détaillée et spécifique, et malgré les statuts différents de chaque musée concerné qui peuvent néanmoins être considérés comme des partenaires hors pairs et particulièrement engagés l’un envers l’autre concernant leurs intérêts communs envers l’œuvre en question, il faut évoquer le risque éventuel lié à chaque déplacement intercontinental et un constat d’état doit être obligatoirement établi pour chaque changement de la période de garde. Le problème du transport de l’œuvre pose également la question du choix de la compagnie d’assurance et du type de contrat d’assurance, et surtout, de la loi applicable pour celle-ci. Il est bien sûr préférable de choisir une compagnie d’assurance internationale qui prend en considération des propriétaires multiples, la valeur agréée par ceux-ci à chaque changement de la période de garde, et enfin, un risque total selon le standard d’assurance de l’œuvre d’art. Cependant, le risque de guerre civile et étrangère n’est pas pris en considération en France, sauf pour le transport, ce qui n’est pas le cas pour les pays anglo-saxons. Cette différence en terme de droit national doit être prise en compte dans le contrat de copropriété établi en excluant la responsabilité du Centre Pompidou. En revanche, pour les copropriétaires de l’œuvre, les frais d’usures et de dommages naturels, qui se distinguent des conséquences de mauvaises manipulations accidentelles des agents de maintenance et des opérations habituelles d’entretien de l’exposition par le détenteur de l’œuvre, doivent être partagés par tous. Cette disposition nécessite par ailleurs un bon suivi du constat d’état de l’œuvre et l’établissement de documents explicites afin de pouvoir déterminer les responsabilités de chacun en cas de litige.

- La diffusion :

• Le prêt d’un tiers et le droit de reproduction
Quant à l’autre type de diffusion de l’œuvre, le prêt de l’œuvre à un tiers doit avant tout être pris en considération. La nature du droit patrimonial de l’œuvre est conjointement partagée par les trois institutions. En d’autres termes, le droit de prêt issu du droit patrimonial est obligatoirement sous la garde de toutes les parties concernées. Par conséquent, en cas de demande d’un tiers, et ce quelle que soit la provenance de la demande, la réponse doit faire l’objet d’une étude et d’un accord unanime de toutes les parties. Cette obligation relève à la fois de la question du partage des droits, mais aussi des devoirs qui, encore une fois, oblige à une meilleure compréhension du principe de prêt de chaque partie envers les autres afin d’assurer une meilleure protection de l’œuvre. Si le prêt de l’original de l’œuvre apparaît assez complexe, ce n’est en revanche pas le cas pour la reproduction d’images de l’œuvre à des fins illustratives relatives aux activités, aux publications ou aux catalogues de chaque musée sous les formats les plus divers.

Conclusion :

- Une pratique devenant une norme à venir ?

Le sujet de cette étude révèle à la fois une possibilité nouvelle en terme d’acquisition d’une œuvre d’art sous la pression permanente de la spéculation de marché de l’art, mais aussi un nouvel horizon en termes de gestion et de collaboration muséales. « De plus en plus, depuis plusieurs années, les établissements autour du monde se voient comme des collègues plutôt que des concurrents. Notre association permet à cette œuvre extraordinaire d'être présentée au plus large public international possible. Je crois fortement qu'un nouvel esprit d’interdépendance a rendu cette sorte d'arrangement viable comme modèle pour toutes sortes de coopération.[9] » commente l’ancien directeur du Whitney Maxwell L. Anderson dans le communiqué de presse déjà cité ci-dessus.
Il faut noter que d’autres exemples de co-acquisition d’une œuvre d’art existaient déjà dans l’histoire de l’art en 1972. En effet, le Louvre s’était associé avec le Metropolitan Museum of Moderne Art (Métropolitain) de New York pour acquérir conjointement un peigne médiéval d'ivoire représentant l'arbre de Jesse. Par ailleurs, en 1980, le Smithsonion Institute’s National Portrait Gallery et le Boston Museum of Fine Art avaient acquis conjointement Athenaeum portraits, une série de portraits de George et Martha Washington réalisée par le peintre Gilbert Stuart. Ou encore, en 1981, la toile La Sainte Famille de Poussin a été acquise conjointement par le Getty Museum et la Norton Foundation. Par ailleurs, hors du contexte d’acquisition conjoint, le Louvre avait passé un accord avec le Métropolitan pour une alternance de périodes d’exposition de trois ans pour exposer une statue néo-sumérienne d’albâtre de provenance inconnue car chacune des institutions ne possédait qu’une partie de celle-ci.[10]
Si une œuvre ou un objet d’art peut avoir de multiples formes d’exposition et de d’acquisition, si on se réfère aux installations in situ de nombreux artistes contemporains, comme Daniel Buren, Christian Boltanski, Thomas Hirschhorn, etc., certaines de ces œuvres sont elles-mêmes modifiées en fonction du contexte de chaque configuration spatiale du lieu d’accueil. Des études relatives à cette question ont été au cœur de la réflexion de nombreux chercheurs en ce domaine.[11] Un tel phénomène et une telle pratique muséale peuvent également représenter une certaine perte d’unicité d’une collection donnée et posent de fait la question de l’évolution de la demande et des souhaits des musées contemporains. Le cas Five Angels of the Millennium peut être perçu comme une nouvelle voie en terme de forme de collection d’œuvres d’art contemporain. En 2004, un autre cas de co-acquisition a été rendu possible pour Mapping the Studio II With Color Shift, Flip, Flop, & Flip/Flop (Fat Chance John Cage) de l’artiste américain Bruce Nauman, par les trois musées : le Centre Georges Pompidou / MNAM, le Kunstmuseum de Bâle et la Tate Modern de Londres. Cette deuxième expérience semble peut-être encore plus enrichissante et porteuse d’évolution. L’accord de co-copropriété de la part du Centre Pompidou a été plus avantageux et plus juste en dépit de la différence entre la loi française et la loi anglaise, notamment concernant le droit de revente à un tiers et la régime juridique s’appliquant au contrat.

- Collection : pour une mémoire collective

Malgré la complexité de ces processus administratifs, et pour en revenir à l’œuvre elle-même, Five Angels for the Millennium apparaît comme une métaphore de la conception de l’art de Bill Viola. Au travers de projections monumentales, de l’utilisation d’un ralenti extrême du mouvement, l’homme et l’eau semblent symboliser à la fois l’ange déchu promis à la chute terrestre – c’est le sens descendant (le mouvement réellement filmé correspondant donc à la « matière » du réel) et le sublime du salut spirituel et de l’ascension – c’est le mouvement sublimé et transfiguré par l’inversion utilisée par l’artiste. Il nous semble que, par-là, l’artiste cherche également à retrouver l’« aura » de l’œuvre d’art à travers les médias et techniques contemporains qui, à la manière des représentations de la peinture religieuse classique, exprime que «le sacré est un élément inhérent de la structure de la conscience et n’est pas une étape dans l'histoire de la conscience. Le sacré est en nous tous, conscience intuitive et croyance constante dans l'autre monde. »[12]

Si la conscience intuitive et la croyance constante dans la création artistique sont la base éthique de l’artiste, et si Five Angels for the Millennium instaure l’impossibilité d’une narration au travers de décalages de lecture et d’alternances de l’image et du son, entre immobilité et explosion ultime, l’artiste prend le contre-pied de l’évolution de l’art d’avant-garde depuis le début du siècle dernier et crée une émotion jubilatoire parmi les spectateurs qui suggère un retour à la tradition de l’art. « En utilisant les médias du monde moderne, Bill Viola nous donne un art qui est « démodé » : il est singulier dans l'âge de la reproduction et de la multiplicité ; il cherche la profondeur plutôt que le divertissement facile ; et, transcendant, il nous domine quand nous cherchons à commander tous ce que nous voyons. »[13]

Depuis longtemps, le musée, considéré comme le temple sacré des objets d’art se donne la mission de la conservation et de l’exposition de ceux-ci. Dans notre étude, nous nous sommes attachés à décrire la méthode innovante mise en place par les trois musées afin d’acquérir, de conserver et d’exposer une œuvre d’art contemporain qui, à la différence d’une œuvre ancienne, bénéficie des potentialités de multiplicité et de reproductibilité des concepts et des techniques de l’art contemporain. Un tel effort marque également la différence entre la collection publique et la collection privée en termes de possession et de conservation de l’œuvre d’art. À la différence de la passion d’un collectionneur privé, souvent emprunte de fétichisme, de désir de possession et d’attachement envers le passé, la passion néanmoins nécessaire des institutions publiques ou nationales s’est doublée de devoirs et de responsabilités beaucoup plus grands qui nécessitent une analyse et une gestion très complexes afin d’assurer l’indispensable continuité de sa mission et des œuvres elles-mêmes. Si « toute passion, certes, confine au chaos, [et que ] la passion du collectionneur, en ce qui la regarde, confine au chaos des souvenirs. »[14], la responsabilité du musée envers sa collection doit répondre à une éthique sans cesse en évolution. Cette éthique doit être basée sur les conditions objectives d’acquisition, de conservation et d’exposition des oeuvres, non seulement quant aux obligations de contribuer à une meilleure compréhension de l’histoire de leur conception et de leur devenir dans le domaine muséal ou marchand, mais également quant à la nécessité contemporaine d’inventer sans cesse un système logistique et administratif continu mais souple, prospectif et évolutif afin de s’adapter à la diversité de la création contemporaine et de conserver la meilleure mémoire collective et publique possible des œuvres elles-mêmes comme des conditions culturelles au sein desquelles elles ont pu voir le jour.



Notices :
[1] Cette présentation est basée sur l’exposition du Centre Georges Pompidou Big Bang, destruction et création dans l’art du 20e siècle, 15 juin 2005 - 3 avril 2006, Paris.

[2] The Art of Bill Viola, Thames & Hudson Ltd., London, 2004.

[3] Ibid, p 7. « I shouldn’t be putting this on, this is the Tate’s job. »

[4] Ibid, p145. « …Viola had reached the point where his tools – though certainly not his budgets – were much the same as those used by Lucas in Attack of the Clones, 2002: namely Hi Definition Digital Video and hard disk based editing systems.

[5] Ici, nous voulons signaler que cette date n’est pas la date définitive du contrat signé par les parties concernées, si on se réfère au contrat définitif qui est daté du 5 janvier 2004, un peu plus d’un an après l’annonce du communiqué de presse de Whitney Museum. Cet élément nous laisse supposer que la discussion et la négociation entre les trois parties auraient durées un peu plus d’un an à la suite d’un accord mutuel de principe des trois établissements.

[6] « New York’s Whitney Museum, London’s Tate Gallery and Paris’s Pompidou Center will jointly acquire major Bill Viola Installation », New York, London, Paris, October 17, 2002. (www.whitney.org/)
([…] The agreement entails sharing ownership of the work and alternating its presentation. It is believed to be the first international co-purchase by three major museums of a contemporary work of this significance. […] The agreement concluded between the Whitney, the Tate and the Pompidou governs, among other aspects, ownership; presentation; transportation; handling and installation; insurance; conservation; and loans of the work. The agreement itself is remarkable for having resolved issues pertaining to three countries, three major institutions - each with their own missions and guidelines - and two legal systems, one based on Common Law (in the U.S. and Great Britain) and Civil Law (in France).

[7] La collection nationale d'art britannique et moderne est propriété de la nation et confiée à la Tate, qui s'assure qu'elle peut être appréciée par le public dans tout le pays et à l'étranger. (http://www.tate.org.uk/supportus/trusts/)

[8] Il est prévu pour les trois premières années, une période de garde d’un an par copropriétaire, puis ensuite de deux ans.

[9] « New York’s Whitney Museum, London’s Tate Gallery and Paris’s Pompidou Center will jointly acquire major Bill Viola Installation », New York, London, Paris, October 17, 2002. (www.whitney.org/)
(Increasingly, for the past several years, institutions around the world have been seeing themselves as colleagues rather than competitors. Our partnership allows this extraordinary work to be brought to the broadest possible international public. I believe strongly that a new spirit of interdependence has made this kind of arrangement viable as a model for all kinds of cooperation.)

[10] Simpsons Solicitors, "Acquisition of collection material", document non daté. (http://www.simpsons.com.au/)

[11] Nathalie Leleu, "L’art d’accommoder les restes, Transfers entre l’exposition et la collection", Collège de Philosophie / Centre Georges Pompidou, 4 – 5 octobre 2002. Nathalie Leleu prend l’installation « Jamais deux fois la même » de l’artiste français Daniel Buren comme exemple, en soulevant la contrainte logistique et la configuration muséale nécessaire à cette oeuvre, afin d’étudier les différentes politiques d’acquisition et de monstration de l’œuvre d’art contemporain dans les musées d’aujourd’hui.

[12] Chris Townsend, "Call me old fashioned, but…", The Art of Bill Viola, Thames & Hudson Ltd. London, 2004, p.106. “The sacred is an element in the structure of consciousness and not a stage in the history of consciousness. "The sacred 'is within us all', Viola concludes, 'intuitive awareness and unwavering belief in the other world.”

[13] Chris Townsend, "Call me old fashioned, but…", The Art of Bill Viola, Thames & Hudson Ltd. London, 2004, p.23. “With the media of the modern world, Bill Viola gives us an art that is 'old fashioned': it is singular in the age of the reproduction and the multiple; it seeks profundity rather than glib entertainment; and it towers over us, transcendent, when we would seek to control all that we see.”

[14] Citation de Mark Nash dans le catalogue d’exposition Une vision du monde, la collection vidéo d’Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, (19/02 – 14/05/2006), co-édition Fage et La maison rouge, Paris, 2006, p. 31. Walter Benjamin, Je déballe ma bibliothèque, trad. Philippe Ivernel, Payot & Rivages, Paris, 2000, p, 42.

Bibliographies
1. The Art of Bill Viola, Thames & Hudson Ltd., London, 2004.
2. Une vision du monde, la collection vidéo d’Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, catalogue d'exposition (19/02 – 14/05/2006), co-édition Fage et La maison rouge, Paris, 2006.

3. Benhamou Françoise, L'économie de la culture, (5e édition), La Découverte, Paris, 2004.

4. Kern Steven, Lester Joan, "Curatorial/Museum Plan Requirements", document non daté, www.navsea.navy.mil/ndp/download.asp?iDataID=1356

5. Leleu Nathalie, "L’art d’accommoder les restes, Transferts entre l’exposition et la collection", Collège de Philosophie / Centre Georges Pompidou, 4 – 5 Octobre 2002.

6. Simpsons Solicitors, "Acquisition of collection material", document non daté, http://www.simpsons.com.au/

7. Smithsonian Institution, "Acquisition and disposal of collections", document non daté, http://www.si.edu/opanda/index.html

8. Gras Savoye, "Le Régime Juridique des Œuvres d’Art", document non daté.


Annexe 1
Constitution de l’œuvre installation vidéo Five Angels for the Millennium, 2001

Équipements :
5 projecteurs du type Sony D-50 CRT
5 bâtis de plafond PSS 70
10 haut-parleurs stéréo
5 lecteurs de DVD du type Pioneer 7400
5 amplificateurs QSC
5 égaliseurs de 15 MB de RAM
5 structures de rangement d'équipement avec rayonnage
10 transformateurs de 1000 W et des fils, câbles et prises électriques

Pack de master d’archivage :
5 masters de Bêta SP Digital copiés directement du master original

Copie d’exposition :
2 exemplaires de 5 copies DVDs
1 exemplaire de 6 DVDs pour le pack de master d’archivage